MC. PIETRAGALLA / J. DEROUAULT / JF. DUSIGNE – L’acteur-danseur : Koltès et le Théâtre du Corps

 

SI vous êtes acteur(ice) et que vous voulez aussi danser, si vous êtes danseur (se) et que vous voulez aussi jouer : ce stage de théâtre-danse est pour vous !

Stage de Théâtre-Danse dirigé par Marie-Claude PIETRAGALLA, Julien DEROUAULT et Jean-François DUSIGNE

Une chance inouïe que de pouvoir durant ce stage rencontrer, travailler sur scène avec des personnalités aussi illustres, dont la réputation internationale n’est plus à faire !  Actuellement, Le Théâtre du Corps de Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault poursuit notamment avec Lorenzaccio une tournée triomphale sur toutes les grandes scènes françaises et européennes…

Dans une perspective de Théâtre-Danse, nous explorerons ensemble un texte contemporain majeur : Dans la solitude des champs de coton de Bernard-Marie Koltès

Du lundi 21/05/2019 au samedi 01/06/2019 

Stage conventionné AFDAS

Quelle que soit votre situation, faites nous part de vos intentions et motivations artistiques, car ce sont elles qui bien entendu doivent primer. Tous les dossiers seront étudiés, et nous veillerons à rencontrer tous(tes) les candidat(es).

 

Lieux et horaires :

  • ARTA, Cartoucherie, route du champ de manœuvre, 75012 Paris
    Du mardi 21 mai au lundi 27 mai 2019 (mardi 21 mai de 11h à 18h, mercredi 22, jeudi 23 et vendredi 24 mai de 10h à 18h et lundi 27 mai de 11h à 18h. Repos samedi 25 et dimanche 26 mai)
  • Théâtre du Corps, 59 Rue Marcelin Berthelot 94140 Alfortville
    Du mardi 28 mai au samedi 1 juin 2019 de 12h30 à 18h30.

PIETRAGALLA / DEROUAULT – Je t’ai rencontré par hasard – Ph. Pascal Elliott

 

Prérequis :

Dans ce travail de recherche qui mêle danse et théâtre, le corps comme outil d’expression est essentiel ; d’où la nécessité d’une bonne condition physique et d’une certaine endurance pour pouvoir « creuser » physiquement son personnage et développer de nouveaux automatismes.

Pour que chacun/e puisse évoluer librement sans texte en main, il est demandé à chacun/e de mémoriser des passages de leur choix du Client et du Dealer ( leur langue respective impulsant des énergies différentes ) de La solitude des champs de coton de Bernard-Marie Koltès (Les éditions de Minuit, 1986).
Pour le travail collectif, il faudrait que toutes et tous apprennent le fragment final ( de la page 53 Le Dealeur : Mais maintenant il est trop tard..jusqu’à la page 61 Le Client : Alors,quelle arme? ). Il ne s’agit surtout pas de se bloquer, ou de faire un problème de cette mémorisation, mais au contraire de prendre plaisir à la mise en bouche du texte de Koltès, en s’entrainant simplement à le dire avec aisance et fluidité, sur un débit rapide. Ne pas se soucier du sens pour l’instant. Commencer par contre à chercher le souffle en se demandant comment le texte se respire.

Objectif pédagogique : les défis et enjeux du Théâtre-Danse.

Réunir, pour créer ensemble, des artistes issus de la danse et du théâtre, ouvre de très riches perspectives, incite mutuellement à faire parler les corps, à s’appuyer sur les souffles que requièrent phrasés, débits, ponctuations et rythmes…

Comment éprouver, combiner l’élan de la danse et la dynamique de la parole, associer intentionnalité, conduite des actions psycho-physiques, désir de dire, ressenti émotionnel et impulsion du mouvement ?

il y a analogie entre page et plateau à partir du moment où corps et voix s’accordent pour écrire ensemble des trajectoires dans l’espace d’une scène délimitée. Le mouvement se dessine en volumes et se ponctue par la combinaison du souffle, du geste, de la voix, en arrêts, suspensions, syncopes. Chaque transition significative de la pensée peut ainsi se traduire par un changement d’attitude, ce qui cristallise ces instants-charnières  du parcours dramatique. Il est juste alors de parler de partition ou de texte scénique.  Il peut alors y avoir maillages, entrelacs entre divers partitions, notamment partitions gestuelles et vocales, celles-ci pouvant opérer de manière non redondante en contre-points, jouant de ces écarts ou entre-deux féconds pour le travail métaphorique.

Ne serait-ce que pour parvenir à combiner maîtrise et instinct, confronter les techniques et apprendre les méthodes issues des différentes disciplines multiplient les potentialités créatrices. Par l’entraînement, chacun se rendra apte à alterner les approches, pour trouver ainsi la liberté de pouvoir emprunter consciemment différentes voies de passage…

Tels sont les enjeux de cette rencontre pratique, exploratoire, autour d’un auteur majeur du répertoire contemporain : Bernard-Marie Koltès.

L’hostilité est déraisonnable.

Le premier acte de l’hostilité,

Juste avant le coup,

C’est la diplomatie,

Qui est commerce du temps.

Elle joue l’amour en l’absence de l’amour,

Le désir par répulsion.

Mais c’est comme une forêt en flammes traversée par une rivière :

L’eau et le feu se lèchent,

Mais l’eau est condamnée à noyer le feu,

Et le feu forcé de volatiliser l’eau.

L’échange des mots ne sert qu’à gagner du temps avant l’échange des coups,

Parce que personne n’aime recevoir des coups et tout le monde aime gagner du temps.

Bernard-Marie Koltès

 

Tout acte de parole, même le plus infime, engage un certain type de tension. Suivant l’événement rencontré, le cœur bat plus ou moins vite. L’organisme ne cesse de s’adapter, de changer de dynamique. Commencer par respirer organiquement le texte, en portant son attention sur le souffle qu’il requiert, conduit à cerner le rythme propre du personnage. Et c’est par une friction organique, par la pulsation rythmée et vibrante de leurs ondes sonores que les phonèmes associent, rebondissent et voyagent entre nous, ouvrant les imaginaires.

Plutôt que de s’appesantir sur les mots, il s’agit de suivre leurs impulsions sonores, libérer les énergies, canaliser le phrasé, soutenir le flux vocal, puis laisser résonner, interagir, attirer, repousser, désirer, séduire, donner, recevoir, livrer combat, dans l’accueil du silence. Joutes verbales et corps à corps gravitant, dans l’espace du no man ‘s land.

 

Programme de la première semaine, à ARTA       

Mené par Jean-François Dusigne, le travail sur le souffle de la parole conduira à s’appuyer sur l’énergétique des mots, suivre les impulsions du texte de Bernard-Marie Koltès, pour en délivrer ses flux de parole, précisément et concrètement, chaque rôle étant abordé comme une partition spécifique, à prendre viscéralement à bras-le-corps.

L’entraînement visera, par le souffle et la mobilisation diaphragmatique, à l’éveil de la conscience, à la stimulation du corps-esprit dans ses capacités d’associations, de réminiscences sensitives, kinesthésiques et d’ « engramme » de l’expérience vécue, ce qui conduit, par un travail régulier et systématique sur ses structures profondes, à l’épanouissement de ses capacités.

Engager le corps et chercher la rapidité du débit, conjuguer amplitude, souplesse et  fluidité, parvenir à alterner dans tous les rythmes contraction et lâcher prise, tension, soutien, suspension, détente. Au lieu de se dire : je ne « trouve pas l’inspiration », se laisser inspirer, tout simplement… Et ce faisant, affirmer.

La voix reflète la mise à nu, révèle l’intime à ciel ouvert. L’acteur n’a pas à montrer, mais à se laisser dévoiler. Tout se perçoit, tout filtre déjà, à travers le souffle et le timbre.

Respirer organiquement le texte, travailler rythmiquement attaques et accents, être attentif à la compression ou à la dilatation du débit à travers les syllabes longues ou brèves, timbrer les voyelles, rebondir sur la percussion des consonnes sont différentes manières de parier sur la scansion du texte, sur sa « musicalité », pour contribuer au surgissement des sensations, des pensées, des sentiments dont s’imprègne l’acte même d’une parole de désir ou de manque, dont l’urgence est de s’accrocher à vivre.

En bref, donner du jeu, c’est ouvrir du sens.  Il s’agit moins de chercher  à « donner du sens », qu’à  « être dans le sens » en se laissant guider par le mouvement des mots, qui induisent la direction de l’action.

La parole peut séduire, griser, enivrer, selon que, pour citer Le plaisir du texte de Barthes, « ça granule, ça grésille, ça caresse, ça rape, ça coupe : ça jouit. »

 

Programme de la seconde semaine, au Théâtre du Corps :

Le but de cette seconde semaine, dirigée par Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault, est d’atteindre de nouvelles dispositions corporelles, de nouvelles compétences de jeu : pour y parvenir, le travail de la seconde semaine commencera par une recherche de « matière » chorégraphique afin de développer son personnage.

Puis, pour atteindre une meilleure connaissance des possibilités gestuelles, chorégraphiques liées au jeu, le participant sera amené à affiner ce travail préparatoire pour unir les deux écritures : corps et texte.

Enfin afin de rendre compte du dialogue entre les 2 personnages de cette pièce, le rapport à l’autre clôturera ce programme pour que l’imaginaire conçu précédemment s’accorde à celui de son partenaire de jeu.

Comment appréhender un personnage à travers son corps, à travers une poétique du geste ? Il faudra définir une véritable identité gestuelle des personnages, définir un inconscient corporel qui permette de prolonger une intention, de plonger dans le texte à travers une métaphysique organique, qu’elle soit structurée ou improvisée.

Le travail de gestion de l’espace sera également à définir, à intérioriser pour que le dialogue s’instaure dans un lieu, mais aussi une dynamique car la « perte » de temps chère à Koltès précédent le conflit doit se corréler avec une prise d’espace personnel, mais également une appropriation de l’espace de l’autre. Comment l’imaginer ? Comment définir son propre espace (mental, physique) ?

Dans ce dialogue où de longs monologues s’entremêlent, comment réagir à la voix de l’autre, à sa rythmique, son intensité ? Quoi faire, comment évoquer l’intériorité du personnage qui reçoit le texte ? Comment le mouvement ou l’absence de mouvement (même si l’immobilité est chorégraphie également) peut structurer le texte, son débit, sa pesanteur ?

Un travail spécifique sera demandé et attendu sur la relation à l’autre, la compréhension du mouvement de l’autre pour créer une chorégraphie à deux, attentive au texte, à sa rythmique, sa compréhension et sa poésie.

 

 

En vidéo // Lorenzaccio, Théâtre du Corps Pietragalla – Derouault (FRANCE 2)


 

Marie-Claude Pietragalla, née à Paris, est une figure emblématique de la danse française. Entrée en 1973 à l’École de Danse de l’Opéra de Paris, elle est engagée dans le corps de Ballet de l’Opéra National de Paris six ans après. En 1990, elle est nommée Danseuse Étoile sous la direction de Patrick Dupond à l’issue de sa prise de rôle de Kitri dans le Don Quichotte de Rudolf Noureev. Elle dansera tous les grands rôles du répertoire classique et contemporain : Don quichotte, Le Lac des cygnes, Roméo et Juliette, La Bayadère, Cendrillon, Raymonda (Rudolf Noureev) – Giselle (Mats-Ek) – Le Sacre du Printemps, Boléro, Juan y Teresa, Arepo (Maurice Béjart) – Le Sacre du printemps, L’Après-midi d’un faune (Vaslav Nijinski) – In the night, Glass pieces (Jerome Robbins) – In the Middle, Somewhat Elevated (William Forsythe) – Carmen, Notre Dame de Paris, Le Jeune Homme et la Mort, Camera Obscura (Roland Petit) – Le Songe d’une nuit d’été, Vaslaw, Casse-Noisette (John Neumeier) – Temptations of the moon (Martha Graham) – Le Palais de Cristal, Les Quatre Tempéraments, Agon, Violin Concerto (George Balanchine) – Signes (Carolyn Carlson) – Etudes (Harald Lander) – Suite en Blanc (Serge Lifar) – Nuages (Jiri Kylian) …

En 1998, elle est nommée Directeur Général du Ballet National de Marseille et de son École Nationale Supérieure de Danse par le ministère de la Culture, la ville de Marseille et la région PACA.

En 2000, Marie-Claude Pietragalla est la première danseuse à se produire à L’Olympia dans Don’t Look Back, solo mythique chorégraphié par Carolyn Carlson qui tournera pendant 10 ans dans le monde entier.

Distinctions :

  • Chevalier de la Légion d’honneur en 2008
  • Officier des Arts et des Lettres en 2011
  • Chevalier de l’Ordre National du Mérite en 1997
  • Chevalier des Arts et Lettres en 1994
  • En 1998, elle fait son entrée au Musée Grévin et dans le Petit Larousse.
  • Elle reçoit en 1998, le Prix Paul Belmondo, et le Prix Benois de la Danse (Moscou).
  • Marie-Claude Pietragalla est en 2014, membre du Jury international de la 40e édition du Festival du cinéma américain de Deauville sous la présidence de Costa-Gavras.

Julien Derouault entre en 1994 au conservatoire du Mans puis au Conservatoire National de Région d’Angers.
En 1996, il intègre l’École le Nationale Supérieure de Danse de Marseille et rejoint quelques mois après le Ballet National de Marseille sous la direction de Roland Petit.
En 1999, il est nommé soliste du Ballet National de Marseille sous la direction de Marie-Claude Pietragalla.
Il interprète tous les grands rôles du répertoire et travaille avec William Forsythe, Rui Horta, Claude Brumachon, Richard Werlock, Rudi Van Dantzig…

De 1998 à 2004, Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault signent neuf créations dont : Sakountala, Ni Dieu Ni Maître et Don Quichotte.

En 2004, Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault fondent leur compagnie, le Théâtre du Corps Pietragalla – Derouault. Ils inventent un langage commun et complexe où l’improvisation et l’écriture chorégraphique s’entremêlent en permanence. Ils s’appuient sur une synergie permanente qui leur permet de poser un double regard sur le monde et leur travail chorégraphique : masculin et féminin, réel et fantasmé, puissant et poétique, absurde et dramatique. Ils développent depuis 19 ans, une technique et une esthétique sur la théâtralité du mouvement. Ils questionnent la relation au corps, au temps, à l’intime et à l’autre en explorant d’une manière inédite le théâtre et la danse, la résonance du texte au geste et réciproquement.

Parmi leurs derniers succès :« Je t’ai rencontré par hasard », « Vivant », « La Femme Qui Danse » et « Lorenzaccio » (Salle Pleyel du 1er au 10 février 2019 et en tournée).

Jean-François Dusigne : Acteur, metteur en scène, professeur à l’Université Paris 8. Diplômé de l’école internationale de mime, mouvement, théâtre de Jacques Lecoq, il a été membre du Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine, de 1983 à 1991. Depuis 1999, il est, avec Lucia Bensasson, directeur artistique d’ARTA, Association de Recherche des Traditions de l’Acteur. Sophrologue et relaxologue, il dirige des ateliers sur le souffle de la parole, les impulsions du texte ; et de recherche-création, combinant écritures créatives, dramaturgies plurielles et directions d’acteurs.

En juillet 2014, il a été promu par la Ministre de la Culture et de la Communication au titre de Chevalier de l’ordre des arts et des lettres. Il a organisé les Rencontres Internationales « Récits et mises en jeu des histoires vécues » à l’Université Paris 8 en janvier 2018, et au Théâtre du Soleil en septembre 2018.

Il a notamment publié : Le Théâtre d’Art, aventure européenne du XXème siècle ; Du théâtre d’art à l’art du théâtre, anthologie des textes-fondateurs ; Le Théâtre du Soleil, des traditions orientales à la modernité occidentale ; L’Acteur naissant, La passion du jeu ; Les Passeurs d’expérience, ARTA, école internationale de l’acteur ; aux éditions Théâtrales.
La direction d’acteurs peut-elle s’apprendre ?, aux Solitaires intempestifs.

 


 

Les sélections des participants seront faites selon les critères suivants : sur présentation d’un CV, d’une lettre de motivation + photo suivi par un entretien avec chaque postulant (présentation sur le plateau du studio d’un travail scénique de quelques minutes).

 


 

Inscrivez-vous dès maintenant !