KAORI ITO et ERIC CARAVACA – Aller vers ce qui ne se voit pas. Les fantômes de l’âme

 

Dirigé par Kaori Ito et Eric Caravaca

Du 24 au 30 juin 2019

Coût pédagogique : 300€ individuel  / 600€ organisme

 

« Quand je suis arrivée en France, je ne parlais pas la langue alors j’essayais de tout comprendre par les gestes. La danse m’a sauvée pour comprendre le monde, le monde qui est visuel et n’est pas forcement prononcé.

Entre les gestes, il y a beaucoup de dialogues, beaucoup d’échanges autres que ce qui se voit. J’ai beaucoup travaillé sur ces fantômes autour de nous.

Un jour, j’ai entendu Éric Caravaca parler à la radio. J’ai été étonnée d’entendre autant de choses qui me ressemblaient. Il parlait de la mort comme des vivants. J’ai voulu lui parler pour travailler avec lui, donner un stage ensemble.

Dans ce stage, j’aimerais travailler sur les fantômes, les présences invisibles qui sont perceptibles. Le théâtre parle de fantômes. On cite le texte de quelqu’un qui n’est plus là et on peut aussi faire dialoguer le passé et le présent.

Dans le théâtre Nô, souvent les héros sont des fantômes. Ce sont des morts qui veulent aller vers la mort. Au Japon, on vit toujours avec les fantômes. Il y a des fantômes drôles, le fantôme qui veut nettoyer le mur mais qui fait une tache, le fantôme qui aime être en hauteur et qu’on aperçoit à travers la fenêtre…etc. Quand il y a une présence forte et inexplicable, il y a souvent les fantômes.  En tant qu’acteur, ou danseur, nous avons tous besoin de cette présence cachée qui élargit au-delà de nous.  J’aimerais questionner ce sujet dans ce stage.  Mais surtout, j’aimerais travailler dessus avec beaucoup d’humour et d’humanité, parce que souvent, la mort nous donne envie de vivre et de rire de la vie.

Programme pédagogique

Nous allons faire beaucoup d’exercices d’improvisation pour nous habituer à connaitre le corps de chacun et travailler sur la notion d’espace et sur le groupe. J’aimerais que chacun trouve une danse, une manière de bouger unique qui lui appartient. Nous allons aussi travailler avec des images de paysages, des marionnettes et le vide pour essayer de vider nos corps le plus possible pour faire sortir des éléments essentiels.

Dans la philosophie japonaise, l’imagination est très importante. J’aimerais donc partager ces expériences avec vous. »

Kaori Ito

 


 

Kaori Ito

Née à Tokyo, Kaori Ito étudie le ballet classique dès l’âge de 5 ans avec Maître Syuntoku Takagi. Á 18 ans, elle est reconnue comme meilleure jeune danseuse et chorégraphe par le critique Ryouiti Enomoto. En 2000, elle part aux États-Unis pour intégrer la section danse de l’Université Purchase de l’État de New York. Elle y étudie les techniques de Graham, Cunningham, Limon et Horton. De retour au Japon, elle obtient, en 2003, un diplôme de sociologie et d’éducation à l’Université de Saint-Paul à Tokyo. La même année, elle obtient une bourse et repart à New York dans le cadre du Programme d’Étude International pour les Artistes du gouvernement japonais. Elle étudie à l’Alvin Ailey Dance Theater.

Kaori Ito a été interprète pour Philippe Decouflé, Angelin Preljocaj, Alain Platel, Sidi Larbi Cherkaoui et James Thierrée avant de se lancer elle-même dans l’aventure chorégraphique dans le cadre de collaborations, avec Aurélien Bory ou Olivier Martin Salvan, ou pour sa propre compagnie Himé.

Parmi ses dernières créations : Embrase-moi (2017), Robot, l’amour éternel (2018), Is it worth to save us ? (2018), Je danse parce que je me méfie des mots (2015).

Elle réalise également des vidéos, des peintures et collabore régulièrement au théâtre avec notamment Édouard Baer et Denis Podalydès. En 2015, elle reçoit le prix Nouveau talent chorégraphie de la SACD et est nommée chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres.

https://www.kaoriito.com/

 

Eric Caravaca

Acteur, scénariste, réalisateur, Eric Caravaca se forme au Conservatoire National d’Art Dramatique et à l’Actors Studio de New York. Dans les années 90 il se fait remarquer dans des spectacles mis en scène par Philippe Adrien, en interprétant notamment En attendant Godot de Samuel Beckett.  Il tient les premiers rôles dans les films de Patrice Chéreau (Son frère), François Ozon, Cédric Klapisch, Philippe Garrel et François Dupeyron (La Chambre des officiers).  Sa participation à C’est quoi la vie ? de Dupeyron, lui vaut le César du meilleur espoir masculin en 2000 et marque le début d’une longue collaboration avec le réalisateur.

Plus récemment, au théâtre il joue dans : Ivanov d’Anton Tchekhov, mise en scène Alain Françon, au Théâtre national de la Colline (2004); Les Revenants d’Henrik Ibsen, mise en scène Thomas Ostermeier, au Théâtre Nanterre-Amandiers (2013) ; Les Trois Sœurs de Simon Stone d’après Anton Tchekov au Théâtre de l’Odéon (2017-2018) ; La Trilogie de la vengeance de Simon Stone d’après John Ford, Thomas Middleton, William Shakespeare, Lope de Vega, mise en scène Simon Stone, au Théâtre de l’Odéon (2019).

En 2006, il passe derrière la caméra en signant son premier long métrage, Le Passager, où il donne la réplique à Julie Depardieu ; il s’agit d’une adaptation de La Route de Midland d’Arnaud Cathrine. En 2017 Caravaca réalise le documentaire « Carré 35 », où il filme et enquête son secret de famille.