FARGASS ASSANDÉ : La parole, un acte d’engagement

 

Dirigé par Fargass Assandé et Yaya Mbile Bitang

 

EN ATTENDANT GODOT de Samuel Beckett. 
Mise en scène Jean Lambert-wild, Marcel Bozonnet et Lorenzo Malaguerra. 
Avec: Fargass Assandé, Marcel Bozonnet, Michel Bohiri, Jean Lambert-wild, Lyn Thibault. Théâtre d’Hérouville/Comédie de Caen. 12 03 2014
©Tristan Jeanne-Valès

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Du 11/02/2019 au 01/03/2019 

Horaires : lundi – mardi – mercredi de 11h à 18h, jeudi – vendredi de 12h à 19h, avec une pause d’une heure.

Coût pédagogique : 600 € individuel  / 1620€ organisme

Profil professionnel des stagiaires :

acteurs, danseurs, chanteurs, musiciens, performeurs

Prérequis et expérience professionnelle des stagiaires :

Artistes ayant eu des expériences professionnelles dans leur domaine.
Les sélections des participants seront faites selon les critères suivants : sur présentation d’une lettre de motivation et d’un dossier de présentation du parcours artistique du candidat, entretiens avec chaque postulant accompagnés de la présentation sur le plateau du studio d’un travail scénique de quelques minutes.

Objectif pédagogique :

« Le théâtre est l’endroit où une société se pense, dans ses moindres recoins de subjectivité ».

Daniel Janneteau

Face aux inégalités sociales, à la dégradation écologique accélérée, à l’intégrisme ou au communautariste, aux migrations nées de la misère et des guerres, de la famine, des pandémies…

Il est urgent de recourir à un art de dénonciation qui brocarde sans nuance tout en postulant le conflit révolutionnaire ; mais aussi l’utopie qui ouvre le futur, en éveillant des aspirations tues ou insoupçonnées, en mettant en œuvre une relation esthétique qui mène à la découverte de soi et d’autrui.

Le théâtre reste à mes yeux un art de conflit. Un échange intime et stimulant.

Ce stage travaillera à interroger, à maitriser les modalités de sa transmission dans un contexte de crise où les valeurs d’hier ont été mises en échec.

Redonner vigueur et pertinence à ces valeurs sur le plateau est un défi permanent.Revendiquer une claire ambition qui s’inscrit au cœur des luttes actuelles et contribuer aux combats d’émancipation de son temps.

Comment représenter la colère, l’injustice et l’espérance ?

Comment faire claquer les mots, les secouer pour en déduire une pluralité de sens.Quelles formes pour dire la lutte ou expliquer les mécanismes qui mettent la création au cœur des contestations sociales ?

Trouver une articulation du théâtre, du social et de la politique et dialoguer avec la réalité pour construire un art de combat pour une génération qui a oublié, reste notre préoccupation. Quelle posture dans cette aventure individuelle et collective pour changer profondément la manière d’aborder et envisager sa relation au monde ?

« On est plus le fils de son époque que le fils de son père ». dit un Proverbe africain.

Comment s’engager à porter une parole politique, être cette force de lumière qui voit grand, au-delà de soit ?

Ce stage propose un cadre de réflexion, d’échange et partage permettant d’expérimenter ce militantisme, cet engagement. Loin de toute propagande, il s’agira de replacer dans le débat, la spécificité de la parole qui fait planer une menace constante de destruction de l’ordre établi en s’arrogeant un droit de rébellion.

Description

« Les blessures de la langue sont pires que des blessures de lance ». Proverbe africain.

Comment traduire l’engagement de l’artiste dans son époque à travers sa création ?

Nous nous proposons de vivre l’expérience fabuleuse de faire de l’interprétation (texte, chant, danse…) un espace d’action, d’engagement dans le présent : un présent à transformer par un acte militant du refus.

Faire le choix de la pensée qui agit sur le monde en étant porté par « le besoin de dire » dicté et nourri par un vécu, une expérience, un conflit, une envie de changement.

S’offrir l’opportunité de s’enfoncer librement dans les méandres de la pensée humaine sans le carcan consensuel et donner à nos gestes, nos silences, une portée significative dans une mise en scène de la pensée offerte en don à la réalité sociale.

Mais la question de l’engagement ne saurait occulter les techniques et médiums nécessaires à la création, ni leurs impacts intellectuels et émotionnels sur le public.

Ce cadre expérimental inclut donc un travail rigoureux sur jeu d’acteur, une interprétation sentie et convaincante. Il exige de mettre nos émotions au service de la technique d’acteur pour toucher la sensibilité du spectateur, l’émouvoir, l’indigner. Il recommande de donner à l’œuvre de création, des qualités à la fois esthétiques et politiques qui influent sur les réalités sociopolitiques de notre monde.

Il faut s’initier et/ou se perfectionner, explorer les différents domaines qui composent la pratique du théâtre pour se ressourcer et enrichir nos capacités créatrices.

Programme pédagogique :

L’acteur, dont l’art est de créer des formes poétiques qui nous touchent et nous transforment -tout au moins le temps de la représentation- doit développer un corps, une présence, un engagement dans l’espace, une acuité d’écoute, une conscience scénique ainsi qu’une science des émotions et une énergie « extra-quotidienne ».

Le stage sera l’occasion de se pencher sur les notions d’attention, d’intention et de tension par des exercices sur la présence dans l’espace (le regard, le charisme, l’écoute).  Nous travaillerons également la concentration, la disponibilité, la réactivité, les enjeux, l’adresse et les rapports aux différents modes de relations (la relation à l’espace, la relation à soi-même, la relation au(x) partenaire(s)…) Nous interrogerons la relation que l’acteur établit avec son public, sur la manière de maintenir le contact avec lui,  et dans quelle mesure il parvient à cheminer dans le cœur et dans l’esprit du spectateur.

Ce stage visera également à spatialiser sa voix et ses mouvements afin de canaliser ses énergies sur scène. A appréhender les instruments du jeu de l’acteur que sont sa voix, son corps et son imagination.

A explorer les rapports entre le corps et l’espace, le corps et le dire, le dire et l’action, les voies d’une véritable appropriation de son texte par l’élaboration d’un regard personnel sur le réel.

A rechercher l’efficacité du message que l’interprète élabore et de la posture qu’il expose pour dire l’instant en ouvrant la matière de la langue pour produire des réseaux de tensions entre les lignes de significations du texte et le corps qui les porte. Jouer avec le texte. Traverser une langue et être traversée par elle.

A être un acteur-explorateur, qui fait danser la langue et pense avec le corps, et qui laisse le spectateur libre de ses interprétations.

 


 

Fargass Assandé

Fargass Assandé – Comédien, metteur en scène et dramaturge ivoirien. En 1985, il fonde à Abidjan, le N’Zassa Théâtre. Depuis 2002, il s’installe au Burkina Faso. De 2002 à 2014 on le voit surtout au théâtre, en Afrique et en Europe. Il a aussi participé à plusieurs.

 

 

 

 

Yaya Mbilé Bitang

Yaya Mbilé Bitang – Après sa licence en Arts du Spectacle obtenue en 2000 à l’Université de Yaoundé I et quelques années de pratique théâtrale au sein des troupes professionnelles du Cameroun, Yaya Mbilé fonde la Compagnie ANNOORA qui a servi de plateforme de production d’une dizaine de spectacle depuis sa création en 2013.