DOMINIQUE JAMBERT et VINCENT MANGADO – L’acteur et la marionnette. Entre Shakespeare et les théâtres japonais

 

Dirigé par Dominique Jambert et Vincent Mangado
(actrice et acteur du Théâtre du Soleil)

Du 08 au 12 avril 2019

Horaires : lundi – mardi – mercredi 11h-18h, jeudi – vendredi 12h-19h

Coût pédagogique : 300€ individuel  / 600€ organisme

 

Tambours sur la digue (1999) © Michèle Laurent

 

Dominique Jambert et Vincent Mangado sont comédiens depuis plus de 20 ans au Théâtre du Soleil. Ils y tiennent certains rôles principaux, notamment dans Kanata, le dernier spectacle de Robert Lepage. Habitués des créations collectives du Soleil, ils transmettront, partageront ce travail atypique mené par la metteur en scène mondialement connue qu’est Ariane Mnouchkine, à travers leur regard et leur propre expérience d’acteurs.

Depuis plusieurs années, ils avaient envie de partager au sein d’ARTA ce travail inouï de recherche que la troupe du Théâtre du Soleil a effectué pour l’un de ses chefs-d’œuvre : Tambours sur la Digue.

Voilà une occasion formidable d’aborder de manière spécifique ce travail de recherche, d’écoute et de proposition de l’acteur-créateur !

Ils proposent donc de travailler « en marionnette », comme ils l’avaient fait pour Tambours sur la Digue.

Durant ce stage deux grands textes des répertoires japonais et élisabéthain seront mis en correspondance : Double suicide à Sonezaki et Roméo et Juliette.

La pièce de Monzaemon Chikamatsu, initialement écrite pour le Bunraku (théâtre traditionnel de marionnettes japonais) est ensuite devenue un classique du théâtre d’acteurs Kabuki. Récemment, le réalisateur Masahiro Shinoda en a tiré un film fascinant, troublant, de grande beauté.

Ces deux oeuvres, aux thématiques voisines, Double suicide à Sonezaki et Roméo et Juliette, de Shakespeare, restent d’inépuisables sources d’inspiration pour la création contemporaine.

Inventer, partager ses visions et jouer ensemble

« Chaque rôle est tenu par un couple d’acteurs, marionnette-marionnettiste.
L’enjeu est d’être ensemble, au sens premier. Il ne s’agit pas de manipuler ou d’être manipulé, mais de jouer ensemble.
Cela nous impose de sortir de tout « réalisme psychologique », d’être en musique, d’écouter…
Et les possibilités qu’offre la marionnette nous permettent d’accéder concrètement à  «  l’extra-ordinaire », de voler ou d’être en suspens, donc d’entrer dans la transposition poétique. »

Aborder la création à travers la forme

« Cette forme, inspirée du Bunraku et du Kyôgen japonais (entre autres), permet aussi une approche du masque ; nous réaliserons des masques simples du même type que ceux que nous utilisions pour le spectacle, afin d’en découvrir les richesses et les contraintes.
Les théâtres d’Asie sont indissociables de la musique, ce que cette forme rend immédiatement perceptible.
Nous travaillerons donc la musique qui accompagne les improvisations des autres stagiaires, ce qui amène à regarder ce qui ce passe sur scène de façon active, et à proposer par le son et le rythme.
Cette forme vivante s’appuie sur du concret, physique, musical, pour aller ensuite vers l’improvisation et le sens du mouvement des textes.
Nous travaillerons dans une Asie rêvée à partir de nos lectures, visions de films, peintures. »

Dominique Jambert et Vincent Mangado

© Erico Vera Mejías (TEATROPAN)


 

Dominique Jambert

Comédiens depuis plus de 25 ans, Dominique Jambert et Vincent Mangado ont intégré la troupe du Théâtre du Soleil en 1997. Formés au Conservatoire National de Région de Toulouse, ils poursuivent leur formation dans la troupe du Grenier Théâtre, héritière du Grenier de Toulouse, une des grandes troupes de la décentralisation théâtrale française de l’après-guerre. Là, ils interprètent de grands rôles classiques, dans « L’école des femmes » (Molière), « Le roi Lear » (Shakespeare),…

Depuis 21 ans au Théâtre du Soleil, ils participent à tous les spectacles, interprètent plusieurs rôles majeurs dans les créations collectives ( « Tambours sur la digue », etc…) ou les classiques (« Macbeth »). Ils jouent actuellement dans le spectacle « Kanata, épisode 1-La Controverse », mis en scène par Robert Lepage, création de la compagnie.

Vincent Mangado

Ils découvrent au Soleil les formes théâtrales d’Asie, et se forment auprès des maîtres invités aux danses du Tibet, du Sri-Lanka, de la Corée, aux théâtres Noh et Kyogen, aux tambours de Corée, aux danses de caractère Européennes, au chant en musique actuelle.

Ils y apprennent surtout au côté d’Ariane Mnouchkine à travailler de cette façon si particulière qui caractérise le Théâtre du Soleil, où tout prend naissance sur le plateau et doit y être mis à l’épreuve, où tout se crée simultanément, et où les masques restent nos maîtres.

Depuis 2010, titulaires du diplôme d’état d’enseignement du théâtre, ils donnent des stages en France et à l’étranger, et sont professeurs honoraires à l’Université d’Edimbourg.