Kathakali

Le Kathakali est issu de traditions populaires et de spectacles rituels ancestraux tels le Kutiyattam, ainsi que du plus vieil art martial du monde, le Kalaripayat. L’apprentissage depuis l’enfance peut durer une dizaine d’années. L’étude de séquences rythmées et de figures de jeu chorégraphiées est accompagnée d’une gymnastique des yeux et des muscles faciaux. La lourdeur de la tiare et la somptuosité des costumes exige une tenue corporelle d’autant plus maîtrisée que le spectacle peut durer une nuit entière. Les musiques et danses invocatoires qui accompagnent la préparation rituelle des acteurs procèdent du Kutiyattam. Deux percussionnistes, le maddala (qui donne le tempo et les rythmes), et le cendä (qui suggère l’atmosphère) accompagnent deux chanteurs, qui, sur le côté de la scène, interprètent à eux seuls le texte, tout en frappant respectivement un gong et une paire de cymbales. Les acteurs ne font pas usage de la parole car ils s’expriment en signes gestuels. Si les kattis, rôles nobles ou divins restent muets, les tätis et les karis, démons, monstres et autres personnages abominables émaillent leur jeu de cris et d’onomatopées codifiés. Le langage des gestes s’appuie sur les multiples combinaisons de hastamudras, signes répertoriés des gestes des mains dont l’impulsion expressive engage tout le corps. Cette grammaire gestuelle offre à l’artiste qui l’a pleinement intégrée une liberté de choix dans l’interprétation. La codification lui permet d’improviser des scènes entières sans jamais quitter le style.