Lee Jaram

éblouissante chanteuse, actrice et danseuse de Pansori

[cml_media_alt id='2230']Sacheon-ga[/cml_media_alt]Lee Jaram était déjà, à 20 ans, une des étoiles montantes du pansori classique. A 30 ans, en 2007, elle est devenue une star populaire pour avoir osé bousculer les codes en créant un pansori moderne, Sacheon-Ga, Le dit de Sichuan, d’après la pièce de Brecht La Bonne Âme du Se-Tchuan, auteur longtemps interdit en Corée du Sud.

Lee Jaram, née en 1980, est l’une des chanteuses les plus célèbres de la Corée du Sud. Tissant des liens entre la musique ancienne et actuelle, elle est connue pour ses talents de sorikkun, interprète principale du pansori, et comme chanteuse et compositrice du groupe coréen Taru. Diplômée de l’Université nationale de Séoul en musique coréenne traditionnelle, elle joue également du gayageum, cithare à douze cordes. En 2011, elle a présenté au TNP Le dit de Sichuan, spectacle mis en scène par In Woo Nam, dans lequel elle tient tous les rôles : chanteuse, comédienne, bonimenteuse et récitante. Créé d’après La Bonne Âme du Se Tchuan de Bertolt Brecht.

En 2014 Lee Jaram a décidé de creuser cette veine en créant Ukchuk-ga , Le dit de Femme Courage, d’après Mère Courage et ses enfants du même Brecht . Après la satire sociale, elle plonge dans le lointain mythique de la Guerre des Trois Royaumes pour chanter la destinée terrible de cette femme condamnée à la survie, et qui perdra successivement ses trois enfants jusqu’à se retrouver seule à déplorer son destin, dans un air final poignant, parmi les ruines d’un monde effondré. Seule face au public, armée de son seul éventail, comme le veut l’art du pansori, elle chante le destin de cette femme, jouant tous les rôles, passant du rire aux larmes, de la colère à l’amour. Lee Jaram entraîne à sa suite les spectateurs à partager l’épopée de cette femme, traversée de la guerre qui est aussi traversée de la vie. Mais c’est aussi un pansori d’aujourd’hui, parlant dans une langue actuelle des drames universels, soutenu par trois musiciens virtuoses qui lui font un véritable écrin rythmique. Ce pansori réactualisé a aussi été présenté au Théâtre de la Ville, Paris, et au Festival d’Avignon, la même année.