International Shakespeare Studio : Le processus de création de « Périclès »

Stage dirigé par Michael CORBIDGE et Christina BATMAN

Du lundi 10  au vendredi 28 juillet 2017
AUDITIONS LE 23 MAI À 14H À ARTA

Horaires : lundi / vendredi –  11h / 18h (sauf le 14 juillet)
Durée totale : 90  heures
Prix  : 900 € individuels (500€ pour qui a déjà suivi un stage avec la RSC), 1800 € organismes

Dans la continuité du partenariat avec la Royal Shakespeare Company, ARTA développe un nouveau projet ouvert aux acteurs professionnels portant sur la mise en jeu et la rencontre en toutes langues de Shakespeare.

Nous accueillerons donc Michael Corbidge et Christina Batman du 10 au 28 juillet 2017, pour un stage autour de  Périclès  de Shakespeare.

Ce stage a pour but d’aider l’acteur professionnel à découvrir les outils spécifiques pour jouer Shakespeare et pour les utiliser dans un processus de travail créatif. Au fil d’un processus de répétition, construire et renforcer le lien entre le texte shakespearien et les compétences vocales qui auront été développées.
Les comédiens apprendront à maîtriser — en français— le langage de cette pièce spécifique Périclès, Prince de Tyr, de manière à ce que chaque personnage soit le plus vrai et crédible possible, tant au niveau des intentions que de la présentation. La difficulté de maîtriser un langage soutenu peut gâcher une interprétation dont la conception serait par ailleurs tout à fait juste. Ainsi, le comédien doit entraîner sa voix et s’approprier les outils spécifiques de maîtrise du langage.

Compétences et capacités à acquérir :

  • Etre capable d’analyser Péricles de Shakespeare d’aborder les enjeux des personnages dans leur contexte dramaturgique.
  • Etre capable d’analyser, explorer et expérimenter le rythme particulier de l’écriture et du language de Shakespeare
  • Etre capable de faire émerger les personnages et les faire interagir avec les autres partenaires de jeu ainsi qu’avec l’écriture en elle-même
  • Etre capable de rendre le personnage sensible grâce au travail d’improvisations et aux exercices d’écriture de scène
  • Etre capable de jouer l’antithèse
  • Etre capable de placement correct de la respiration
  • Etre capable de conduire la pensée du texte jusqu’à la fin de sa réplique, rester dans l’ici et maintenant, sans anticiper, jouer l’action et finaliser ses objectifs

Intentions :
Michael Corbidge :
«  Je veux apporter un sentiment d’unité dans le travail, inspirer et créer de l’inventivité, sous une forme constamment ludique, ce qui aidera à construire, à mettre en mouvement et à développer ce que nous appelons des chaînes rythmiques. Je souhaite interroger la composition du travail, en termes de rythme, de continuité et de fluidité, ainsi que sa progression, sous un angle à la fois dynamique et organique.

Cela concernera aussi bien la conduite de l’atelier en termes de conception pédagogique que le processus même du travail créatif, dans ses principes dramaturgique et artistique, sa cohérence et son rythme : comment passer, de l’exercice à la proposition de jeu, comment amplifier, combiner différents registres, les juxtaposer, etc.
Il y a bien évidemment une différence entre une présentation de travail laboratoire, et une véritable représentation théâtrale, longuement répétée. Une plus grande importance est alors accordée à la précision du jeu, à la manière dont le texte est distribué. C’est pour cela que ce prochain stage aura lieu en français (langue commune à tous les participants)

La salle de répétition est le lieu où tout metteur en scène voit le travail préparatoire porter ses fruits. C’est pour nous l’opportunité d’expérimenter collectivement avec les comédiens, en unissant nos talents et nos créativités pour aller plus loin dans nos explorations du texte. Les metteurs en scène ont un style spécifique et une méthode de travail unique, s’appuyant sur les théories de praticiens tels que Stanislavski, Brecht, Michael Tchekhov ou Meisner. Si nous faisons quelques emprunts à différents théoriciens, en adaptant certaines de leurs méthodes aux spécificités du travail de la pièce que nous portons à la scène, la base de mon travail est fondée sur la pratique de la Royal Shakespeare Company durant ces cinquante dernières années. Je m’appuie également sur ma propre expérience en tant que comédien, metteur en scène, et directeur artistique des diverses compagnies dont j’ai fait partie au fil du temps.
Ma méthode de travail reste ouverte, je porte une attention particulière à la compréhension des sons, du langage et du texte à travers le jeu. J’utilise des méthodes (jeux théâtraux et exercices) qui ont fait leurs preuves, et d’autres que j’ai développées moi-même. De plus, je cherche à sonder et établir des relations entre les différents personnages de la pièce, et cherchant le sens et l’emphase, en terme d’action dramatique de la pièce, ce qui est très important lorsqu’on travaille Shakespeare, dont l’écriture, les patterns de langage et de vocabulaire ne sont pas les mêmes que ceux que nous utilisons aujourd’hui. Ces recherches se font de manière active, inclusive, et mobilisent tout le corps se déplaçant dans l’espace.

Je veux que tous les comédiens partagent la trame du texte, chaque son de la langue, en permanence. Je requiers d’ailleurs fréquemment la présence de l’ensemble des comédiens pendant tout le travail.

Je joue beaucoup avec la salle de répétition, afin d’aider et d’encourager le comédien à trouver la réalité, la vérité, et l’être en scène, à partir de sa propre personne. Trouver la vérité dans l’idée qui s’exprime à chaque instant, à travers le flux d’une pensée vive, claire, et précise, puis questionner cette même pensée pour provoquer, et bien sûr gagner, le conflit.

Je m’appuie sur la proxémie, c’est-à-dire l’espace interpersonnel, ou encore, la répartition des personnes dans l’espace scénique, qui sous-tend la relation qu’elles entretiennent entre elles. Cela fonctionne en lien étroit avec la caractérisation, et une discipline relativement récente appelée la kinesthésie : l’étude du mouvement et des gestes, et la pluralité de significations qui peuvent leur être sont attribuées, en fonction de la personnalité ou du caractère.
La position des individus au sein d’un groupe, quel qu’il soit, revêt une importance significative en ce qu’elle traduit des relations interpersonnelles ; et cette connaissance peut être utilisée, lors de recherches portant sur les liens entre les espaces sur scène. Là où un personnage se tient, plus ou moins proche ou à distance de tel autre, revêt une importance significative dans ce qui est transmis au public, à propos du rapport qui est en train d’être établi entre eux.

Nous travaillons de manière très détaillée et précise sur la façon dont les sons nous affectent : l’endroit où ils siègent dans le corps, la manière dont ils s’y intègrent, et y laissent leur empreinte. Alors, la manière dont nous les gardons, comment nous en imprégnons la salle de répétition et notre performance.
Nous sommes mus, nous nous adaptons et gardons nos distances en permanence, grâce à notre baromètre émotionnel.
Simplement en disposant les corps dans un espace physique, je peux sous-entendre des connections, affaiblir ou renforcer les liens entre les personnages, créer de la tension, une emphase, ou bien inhiber les émotions, et l’atmosphère générale. En changeant la position des personnages au sein d’un même espace, il est possible d’évoquer des choses différentes. »

Extraits vidéo de l’International Shakespeare Studio à ARTA


Programme pédagogique :

Michael Corbidge, Senior Voice and Text Associate  à la Royal Shakespeare Company, successeur de Cicely Berry depuis 2014, propose de travailler selon la méthode mise au point pendant 50 ans.

La méthode vise à aider les acteurs du théâtre d’aujourd’hui à travailler de manière pertinente sur le répertoire en trouvant l’équilibre entre une appropriation du texte qui réponde aux attentes du 21ème siècle et la nécessité d’honorer la «mesure et la profondeur» de la langue, classique ou contemporaine, tout en générant une très grande libération imaginaire.

Périclès, Prince de Tyr est un des textes de Shakespeare, rédigé tardivement dans sa carrière d’auteur, qui s’inscrit dans la série de contes de fées romantiques qu’il destine à un public adulte.

Périclès est ce qu’on peut appeler une de ses pièces « à contrastes » : même quand le ton devient plus léger, il y crée une atmosphère si sombre, que le dénouement semble presque radieux. L’action se déroule vers les années 170 avant J-C, à une époque où la Syrie avait un grand rayonnement sur toute la partie est de la Méditerranée.

 

DEROULEMENT DU STAGE :

  • 1ere semaine :
    – Constitution du groupe
    – Lecture de la pièce
    – Explication des techniques de construction du jeu
    – Exploration et analyse du texte
    – Construction du story board
    – Explorations des personnages
    – Elaboration des thèmes
    – Travail du symbolisme
    – Création sensible et émotionnelle
    – Découpage des scènes
    – Le choeur
  • 2EME SEMAINE
    – Travail de répétitions introduisant les éléments suivants :
    Musique et Chœur
  • 3EME SEMAINE
    – Travail de répétitions avec le groupe au complet
    – Présentation

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Michael CORBIDGE

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Christina BATMAN