Dominique Dupuy : Les dramaturgies du silence (s)

Stage dirigé par DOMINIQUE DUPUY et PHILIPPE DUCOU

Du lundi 22 février au vendredi 04 mars 2016

du lundi au mercredi – de 11h à 18h
du jeudi au vendredi – de 12h à 19h
Durée totale 60 heures

STAGE CONVENTIONNÉ AFDAS (merci de nous contacter)

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Dominique DUPUY

Le corps en scène, convergence entre impulsion dramaturgique  et mouvement. Mettre en jeu le corps comme acteur, rendre disponible ses possibilités de porter un acte scénique par-delà des mots, le corps-dialogue, le corps partenaire.

« Les dramaturgies du silence (s) », s’inscrit dans le cadre du projet SILENCE-S, à l’initiative de Dominique Dupuy, un projet pluri-disciplinaire et multi-media,
tout au long de la saison 2016-2017, au Théâtre national de Chaillot, et divers autres lieux de création.

OBJECTIFS PÉDAGOGIQUES :
Le corps en scène, tout interprète est confronté à sa nécessaire présence sur le plateau. De l’éveil à la recherche spécifique d’un mouvement en passant par l’échauffement, la régulation des énergies, la dynamique d’un corps, la poétique du geste, le corps parle.
Par le jeu de la perception et une conviction plus ou moins affirmée de le guider, nous agissons. Le corps a sa propre lecture. Il s’agira donc de travailler sur des situations où des « acteurs de la scène », de compétences, de disciplines, et aussi de tradition, de culture, et même de langue différente, font une expérience de partage et de propagation. Puis de questionner comment ils reçoivent l’objet de la transmission, comment ils le comprennent, comment ils le transforment avec leur propre corps, leurs propres paroles, leurs propres outils, leurs propres références. Et ce faisant, stimuler à partir de ce qui en ressortira de nouvelles propositions pour accompagner la poursuite de ce cheminement, jusqu’à l’échéance de la rencontre publique.

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Dominique Dupuy, « Acte sans parole I »

Le plateau, l’espace scénique :
Tirant pour eux-mêmes richesse du partage de compétences distinctes mais complémentaires, Dominique DUPUY accompagné de Philippe DUCOU, tout deux souhaitent faire de la confrontation des points de vue et de la rencontre sur le plateau de démarches issues de théâtre et de danse l’objet même d’une recherche créative, fondée sur l’approfondissement de l’expérience commune qui en résulte. La recherche d’accords est part intégrante du processus de travail : se donner le temps et les moyens pour que chacun puisse se familiariser avec les différentes exigences qu’implique l’interaction de la danse, du jeu, du rythme, du parler, du chant, ou encore du silence… Jouer avec le silence, préciser le regard, engager tout le corps dans l’espace, ponctuer, syncoper,  articuler les rythmes, oser suspensions et immobilités : tels sont quelques-uns de nos objectifs de travail. Chercher l’organicité, en dépassant les structures imposées : à travers la répétition trouver dans le corps la stimulation de la parole, et dans le plaisir de la mise en bouche l’impulsion du mouvement. Bouger, évoluer, rebondir, se laisser inspirer.

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Philippe Ducou

Quand il y a désir et nécessité, deux  personnes qui ne parlent pas la même langue  parviennent toujours à s’entendre, dès que leur écoute ne se limite plus à la seule compréhension des mots, dès que les corps sortent de leur réserve habituelle. Écouter, prendre le temps, agir, réagir à tout ce qui survient, évolue avec soi dans le même espace-temps délimité, cadré : le silence, le moindre objet, les autres, tous sont partenaires de jeu.

 

PLANNING D’UNE JOURNÉE TYPE :
Atelier dirigé par Dominique Dupuy : 3h le matin
Atelier dirigé par Philippe Ducou : 3h l’apres-midi
+ 2 heures où l’espace est à disposition des stagiaires

L’atelier de Dominique DUPUY :

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Dominique Dupuy

Figure incontournable de la danse en France, Dominique DUPUY a marqué plusieurs générations de danseurs et de chorégraphes. Délaissant à juste titre les spécialisations, il se définit avant tout comme danseur alors que son parcours révèle une grande générosité de transmission, la création de nombreuses pièces chorégraphiques de groupes, en solo  et l’écriture d’ouvrages de référence. Proposant sans cesse des passerelles entre les Arts, son regard s’adresse à tous celles et ceux qui portent le désir de s’engager sur un plateau scénique. Son parcours l’amène à ressentir les silences initiateurs du geste, de la parole, de la musique ou du chant. En cela il retient aujourd’hui, d’anciennes comme de toutes récentes expériences, tant de création que de pédagogie, leur allégeance toute particulière aux silences qui les fondent, avant qu’elles n’en viennent aux sons : paroles, musiques, bruits… Il s’agit de se rendre sensible aux volumes d’air, aux vibrations sonores entre les êtres, engager les corps sur des zones d’ombre ou de clarté, de vides et de pleins, dans un espace conçu comme dynamique avec ses attirances et ses répulsions, ses contacts, ses heurts, ses fusions, ses équilibres ou ses déséquilibres. Écouter, prendre le temps, agir, réagir à tout ce qui survient, évolue avec soi dans le même espace-temps délimité, cadré : le silence, le moindre objet, les autres, tous sont partenaires de jeu.
Jouer avec le silence, préciser le regard, engager tout le corps dans l’espace, ponctuer, syncoper, articuler les rythmes, oser suspensions et immobilités : tels sont quelques-uns des objectifs de travail.
Quand il y a désir et nécessité, deux personnes qui ne parlent pas la même langue  parviennent toujours à s’entendre, dès que leur écoute ne se limite plus à la seule compréhension des mots, dès que les corps sortent de leur réserve habituelle.
La précision du geste et de la scansion vont ici de pair pour tâcher d’élargir la conscience, améliorer sa présence par une plus grande acuité du geste porté par la respiration, tout en prenant le temps de l’exploration sensible. Le travail est dans le silence. Ce n’est pas dire que l’on n’utilise pas la musique, les mots, les sons mais même avec ces éléments, le  silence est présent. Ce silence bien entendu est en complète relation avec le souffle, avec l’espace, avec le poids, avec l’énergie, avec l’imaginaire. Une investigation qui pourrait nous faire faire un retour sur l’usage que nous faisons des sons, des paroles, des bruits. Pour l’interprète en scène, comédien ou danseur, en fin de compte tout se joue dans le silence qui permet la résonance de ses actes.

 

L’atelier de Philippe DUCOU : « Le corps en scène »

[cml_media_alt id='2637']Philippe Ducou[/cml_media_alt]

Philippe Ducou

En inscrivant sa démarche dans la mouvance du Tanztheater, en appréhendant les désirs et les exigences physiques de l’acteur, Philippe DUCOU a développé
le travail nécessaire pour être en mesure de proposer quelques solutions, dans son atelier autour du corps de l’acteur, du « mis en scène » : corps partenaire,
complice, ami, confident, soutien mais aussi étranger, inconnu, capricieux, versatile, dangereux, sans foi ni loi, ennemi.
Corps relâché, corps en éveil, en rebond, animal. Agir et réagir, passer d’un état de corps à un autre, trouver l’état de corps nécessaire à telle action, de
l’immobilité à l’acte, de l’acte à l’immobilité, jaillir. Corps en relation, corps qui construit en dialogue, dans la proximité ou le lointain, avec l’autre, la chair, l’aura,
la prise de l’autre, l’étreinte, violence et douceur, Éros et Thanatos. Corps qui se représente, corps en représentation, l’avant entrée en scène, le corps théâtral,
l’espace à prendre, le rituel et le chaos, Apollon et Dionysos.
Quelle que soit la manière de l’appréhender, le corps est un animal curieux aux actions et réactions, parfois imprévisible et peut nous apporter grâce comme
désarroi, risible, poétique ou tragique… Cela commence avant et cela se termine après. L’énergie de la préparation, le moment précédent l’entrée en scène,
l’énergie d’après, l’écho ou la résonance, sont autant de situations propres que nous aborderons.