Dieudonné Niangouna : La scène comme poétique de l’indicible

Stage dirigé par DIEUDONNÉ NIANGOUNA

Du mercredi 20 avril au vendredi 29 avril 2016

du lundi au jeudi – de 10h à 18h
le vendredi – de 12h à 19h
le samedi de – de 10h à 17h
Durée totale 60 heures

Prix individuel : 600 € –  Prix organismes : 1200 €
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Dieudonné Niangouna,  » Shéda »

« Je veux travailler sur un plateau vide. Au départ on ne doit même pas reconnaître l’acteur. Il doit sortir du plancher et comme une poussée d’écume, puis mousser, et puis encore mousser, petit à petit, sans chavirer. » Dieudonné Niangouna

OBJECTIF PÉDAGOGIQUE :
A partir de différents matériaux, dont ses propres écrits, Dieudonné Niangouna invite à générer une création de plateau, personnelle et collective, qui passe par d’intenses climats émotionnels, pour puiser dans ceux-ci les indispensables éléments nécessaires à une réelle exploration artistique ancrée sur l’expérience.
Il s’agira d’ouvrir ainsi des pistes concrètes inspirantes pour aborder écritures poétiques et scéniques nourries d’oralité et d’organicité : faire en sorte que sur ou sous le texte, entre les personnes, il se passe quelque chose pour que « ça arrive, faire l’expérience de ça », et « que chacun se l’approprie ».
Ce faisant, engagement créatif et responsabilité éthique seront questionnés.
Plutôt que de chercher à interpréter, à devenir un personnage, l’acteur se doit d’être une figure de désir, une « puissance de vie qui entre, nous échappe, disparaît et meurt, parce qu’elle arrête de respirer ».

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Dieudonné Niangouna,  » Shéda »

Dieudonné Niangouna incite à « casser la baraque », pour reprendre l’expression même de Sony Labou Tansi : il faut agir sur la peur et la porosité en poussant le corps, éperdu de solitude, dans un champ de bataille. « Moi, qui te vois avoir la jambe coupée, moi qui te vois heureuse de fêter ton anniversaire, et qui ressens cela », je dois faire avec ça, et avancer, acteur, dans la jungle « à coups de machettes ».
Mais il ajoute également « pour remplir la tasse de café, il faut d’abord la vider. » C’est ainsi
qu’il lui faut passer par ce rapport à la terre, à l’horizontale, cette « barre au sol », avant de trouver les déséquilibres propres à la verticalité.
Avec joie et humour débordant, chacun étant libre de choisir, de faire ou de ne pas faire, pour éviter l’ « anti-jeu », les propositions radicales viseront à oser se frotter au réel, à mettre en abyme l’acte théâtral et/ou artistique, tout en se positionnant quant aux cadres, aux frontières, aux limites, nécessaires à l’art ou convenues, règles à dépasser, ou à ne pas dépasser, à établir ou à abolir, tant sur le plan physique que psychique.
N’est-ce pas aux frontières, en s’aventurant au bord des limites, que l’ébranlement artistique peut se produire ?
Tout commence par des mouvements qui interrogent le rapport du corps à l’espace.
Ces mouvements sont appelés à devenir des situations qui ne révèlent que leurs esprits : Le fonde l’abstraction scénique.

 
-Comment incarner une situation qui reste énigmatique?
-Comment travailler à désincarner le réel?
-Du truculent au poétique et vice versa.
-Comment faire naître le mouvement du silence ?
-Est-il nécessaire de se laisser perdre?
-Quelle est la part de l’incompris et le pouvoir de la futilité au théâtre?
-Quelle est votre limite dans l’action?
« Un chant d’oiseau, un soupir du vent, ne sont possibles
que sur une scène où il n’y a pas d’arbres… » Jacques Copeau

Deux modules pour ce faire :
I – « La barre au sol » ou Station Horizontale.
II- L’acteur comme forme éruptive du plateau.

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Dieudonné Niangouna, photographe Boris Horvat

INFORMATION COMPLÉMENTAIRES :
Le parcours sera filmé et enregistré tout les jours.
Puis un visionnage des séquences filmées se fera tous les matins.
Chaque soir, un texte sera écrit par chaque acteur à partir de la mémoire de ce qu’il aura éprouvé pendant la journée.
De sorte que dès la fin de la première semaine, un texte commun sera produit, résultant des parcours spécifiques individuels et collectifs.
La seconde étape fera appel à une direction d’acteur plus stricte et développera pour l’acteur les mécanismes de l’auto-direction, ce qui fait accoucher « l’acteur-metteur en scène ».

Les textes suivants seront travaillés :
Pendant la matière de Valère Novarina,
l’Acteur Invisible de Yoshi Oïda,
Acteur de l’Écriture de Dieudonné Niangouna.
Dieudonné Niangouna transmettra les préceptes non écrits du Kinguinzila ou théâtre de la guérison(Tradition Kongo).
Visionnage du film « À la poursuite du Renard Pâle » de Jean Rouch.

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[cml_media_alt id='2655']dieudonné[/cml_media_alt]Dieudoné Niangouna :
Comédien, auteur , metteur en scène

Né en 1976 à Brazzaville (République du Congo), Dieudonné Niangouna est comédien, auteur, metteur en scène. Rien ne décrit mieux l’écriture de Dieudonné Niangouna que le nom de la compagnie : Les Bruits de la Rue. Son oeuvre littéraire se nourrit en effet de la rue, reposant sur un langage explosif et dévastateur, à l’image de la réalité congolaise.

À ses compatriotes, comme à tous les spectateurs qu’il rencontre bien au-delà des frontières du Congo-Brazzaville, il propose un théâtre de l’urgence, inspiré d’un pays ravagé par des années de guerre civile et par les séquelles de la colonisation française. Un théâtre de l’immédiateté, dans une société où il faut résister pour survivre quand on est auteur et comédien. Un théâtre protéiforme qui fait appel à la langue française la plus classique comme à une langue populaire et poétique, nourrie de celle du grand écrivain congolais Sony Labou Tansi. Conscient de la triple nécessité pour le langage théâtral d’être à la fois écrit, dit et entendu, Dieudonné Niangouna se sert d’images et de formules empruntées à sa langue maternelle et orale, le lari, pour inventer un français enrichi et généreux, « une langue vivante pour les vivants ».

Formé par Massengo mâ Mbongolo, il commence le théâtre dans les années 90 avec les compagnies de Brazzaville : Cie Kongo dia Ntotéla, Cie Salaka, Cie Rideau de Lianes, Cie Deso, et le Théâtre d’Art africain.
En 1997, il est reçu à l’école des Beaux Arts Paul Kamba de Brazzaville en section Arts Plastiques.
Il participe aux stages et ateliers animés par : Gaël Leborne et Zoë Heller (en 1994), Bernard Sallé (1995), Jean Paul Delore (1996), Éric Mampouya (1996), Matondo Kubu Turé (1997) Nicolas Bissi (1998), Mwanbaye Kalenguaye et Laurent Dilandwa (de la RDC, 2000), Vincent Mwamba Chaka (de la Centrafrique, 2000), Jacques Livchine et Hervé Delafont (2001), Hami Hattab (2001).
En 2005, il fait partie des quatre dramaturges africains présentés en lecture à la comédie Française.
En 2013, Dieudonné Niangouna est artiste associé au Festival d’Avignon. Et est fait Chevalier du Vaqueyras.
De 2014 à 2017 Dieudonné Niangouna est artiste associé au Mousonturm Théâtre de Frankfort ( Allemagne)
En 2015 il reçoit le Grand prix des Arts et des lettres du président de la République du Congo.
En 2015 il est lauréat du prix littéraire des Lycéens en île de France avec sa pièce M’appelle Mohamed Ali.
Toujours en 2015 il est fait chevalier des Arts et des Lettres de la république Française.